A1, A2, B1 : ce que ces niveaux veulent vraiment dire

Tous les cours promettent un niveau, et presque personne ne sait dire ce qu’il recouvre. Ce qu’on sait faire à chaque échelon du cadre européen, le temps qu’il faut pour le franchir, et pourquoi un niveau ne vaut que par ce qu’on est capable de produire.

D’où viennent ces lettres

Le Cadre européen commun de référence pour les langues, le CECRL, est l’échelle qui se cache derrière les lettres des cours, des certifications et des offres d’emploi. Il a été publié par le Conseil de l’Europe en 2001, et son idée centrale tient en une phrase : un niveau décrit ce qu’on sait faire avec la langue, pas ce qu’on a étudié. Il compte six échelons : A1 et A2 pour l’utilisateur élémentaire, B1 et B2 pour l’utilisateur indépendant, C1 et C2 pour l’utilisateur expérimenté.

En France, ces lettres sont partout. Les programmes scolaires s’y réfèrent, les diplômes de français pour étrangers, le DELF et le DALF, sont calés dessus, et les offres d’emploi demandent un « anglais niveau B2 » là où elles écrivaient autrefois « anglais courant ». Les définitions portent volontairement sur des tâches concrètes. C’est ce qui les rend utiles, et c’est aussi ce qui les rend faciles à gonfler : un cours peut qualifier n’importe quoi de A2, personne ne vérifie.

Ce que recouvre chaque niveau, concrètement

A1. Vous savez vous présenter, poser et répondre à des questions simples sur l’endroit où vous vivez et ce que vous faites, et comprendre quelqu’un qui vous parle lentement et distinctement. Vous vous débrouillez dans un magasin ou un café avec quelques phrases toutes faites. Les phrases sont simples, au présent, et chacune demande un effort.

  • Hello, I'm Marco. I'm Italian.

    Bonjour, je suis Marco. Je suis italien.

A2. Vous faites face aux situations courantes : demander son chemin, faire des courses, prendre rendez-vous chez le médecin, parler de ses projets du week-end. Vous décrivez simplement votre famille, votre travail et votre passé, et vous saisissez l’essentiel d’une conversation de tous les jours entre d’autres personnes. Vous avez un passé et un futur, et les formes demandent encore réflexion.

B1. Vous vous en sortez dans la plupart des situations d’un voyage ou d’un séjour dans le pays. Vous comprenez l’essentiel d’un discours clair sur des sujets familiers, vous racontez une expérience et justifiez une opinion. Vous tenez une vraie conversation, avec des fautes, sans que votre interlocuteur ait besoin de beaucoup ralentir. C’est le niveau à partir duquel une langue devient utilisable pour y vivre, et plus seulement pour y passer.

B2. Vous comprenez l’essentiel d’un texte complexe et suivez une conversation entre natifs, y compris sur des sujets abstraits ou techniques dans votre domaine. Vous parlez avec assez d’aisance pour qu’échanger avec un natif ne soit pénible ni pour l’un ni pour l’autre. Les fautes se font plus rares et n’entraînent plus de malentendus.

C1 et C2. Un usage souple et efficace de la langue dans la vie sociale, les études et le travail ; au C2, une maîtrise proche de celle d’un natif. La plupart des apprenants n’en ont pas besoin, et la plupart des cours n’y mènent pas.

Combien de temps pour chaque niveau

On mesure d’ordinaire en heures d’apprentissage guidé : les heures de cours ou de travail structuré, sans compter le temps passé à pratiquer la langue en dehors. Les estimations des organismes certificateurs convergent : une centaine d’heures pour atteindre l’A1, encore une centaine pour l’A2, puis les marches s’allongent, environ deux cents de plus pour le B1, et à peu près autant pour le B2. Les niveaux ne sont pas espacés régulièrement ; chacun demande à peu près autant de temps que tous les précédents réunis.

Ces chiffres varient selon la distance entre les langues. Un francophone atteint un niveau donné en anglais bien plus vite qu’un locuteur du japonais, parce qu’une grande partie du vocabulaire savant de l’anglais lui est déjà familière. Ce sont des estimations, pas des promesses, et elles supposent que les heures servent à produire la langue, pas à la regarder.

Quand un niveau est surévalué

Un niveau est gonflé chaque fois qu’on l’attribue pour ce qu’on a vu plutôt que pour ce qu’on sait produire. Avoir terminé un cours A2, c’est avoir vu le contenu du A2. Cela ne veut pas dire savoir accomplir les tâches du A2, et c’est tout l’écart qui explique pourquoi tant de gens titulaires d’une certification ne parviennent pas à tenir la conversation qu’elle certifie.

Les élèves français en savent quelque chose. Les programmes visent le B2 dans la première langue vivante à la fin du lycée, et beaucoup d’adultes qui ont suivi ce parcours comprennent un texte écrit bien mieux qu’ils ne parlent. La compréhension peut être au B1 quand l’expression en est encore à l’A1, et c’est l’expression qui décide si l’on vous comprend.

Le vrai test d’un niveau, c’est de produire la langue qu’il décrit, à partir de rien, sans propositions à l’écran : les phrases de ce niveau, avec les formes et les temps qu’il exige, à une vitesse normale.

Comment le cours utilise les niveaux

Le cours suit le CECRL. Chaque niveau est une suite de leçons, chaque leçon une règle avec les mots dont elle a besoin, et un niveau n’apparaît sur la page du cours que le jour où ses leçons sont publiées, jamais avant. Ce qu’il contient est exactement ce qu’on peut y lire : les règles, les mots et les phrases qu’il enseigne.

Le franchir est une affaire de production. Chaque phrase de chaque leçon est une phrase que vous écrivez vous-même, vérifiée mot par mot, et chaque mot, chaque forme et chaque règle a son propre niveau de 1 à 7, qui ne monte que lorsque vous le produisez correctement le jour de son échéance. « J’en suis au A2 » ne veut donc pas dire que vous avez ouvert les leçons du A2. Cela veut dire que les mots et les règles du A1 et du A2 sont à vous, vérifiés, au niveau qu’indique l’échelle pour chacun, et que vous pouvez le consulter un par un.

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Phrases

Écrivez-la en anglais

Nous ne sommes pas étudiants, nous sommes professeurs.

première proposition : forme courte 1 (sujet + be) ; seconde proposition : forme complète

We're not student, we are teachers.

Pas tout à fait

  • we're
  • not
  • we
  • are
  • teachers

Touchez un mot marqué pour voir la grammaire et la carte du mot.

We're not students, we are teachers.

students : vous avez tapé « student » · Le pluriel des noms, réguliers et irréguliers

Aussi correct:

we aren't students we are teachers

we are not students we are teachers

Ce que cette réponse a coûté

RègleLe pluriel des noms, réguliers et irréguliers3 → 1

Une phrase du cours, avec une terminaison fausse dans la réponse. Touchez le mot marqué.

C’est une manière plus lente que d’autres de gagner une lettre, et c’est la seule où la lettre veut dire ce que le cadre dit qu’elle veut dire.

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Écrivez-la, trompez-vous, comprenez pourquoi. C’est toute la méthode.

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